Le traitement des peaux
Pour échapper au froid, l’homme se vêt
depuis des temps immémoriaux. D’abord vêtu
de cuir et de fourrures, l’homme n’a utilisé
des tissus que très tard (selon toute vraisemblance,
le tissage apparaît au néolithique c’est-à-dire
vers 6000 ans avant J-C). Le cuir et les fourrures étaient
obtenus en traitant les dépouilles des animaux
tués par les chasseurs.
Abandonnée ou laissée sans soin, la peau
se décompose en quelques jours. Si on désire
l’utiliser pour en faire des vêtements,
des tentes ou des pièces d’équipement,
il est indispensable de la tanner. Le terme «
tannage » désigne l’ensemble des
opérations qui vont rendre imputrescibles les
protéines et les cellules formant la peau et
permettre sa conservation pendant de longues périodes.
Les techniques de travail des peaux employées
actuellement dans l’industrie découlent
des procédés mis au point pendant la préhistoire.
Mais il y a un monde entre les techniques des premiers
tanneurs et les performances de nos industries du XXIe
siècle !!!
En dehors de la certitude qu’il est impossible
de se vêtir de peaux non traitées, l’archéologie
n’apporte pas beaucoup d’informations quant
aux traitements utilisés pour transformer les
peaux en cuir pendant la préhistoire. Les découvertes
de chaussures ou de restes de vêtements médiévaux
ou antiques sont des découvertes exceptionnelles.
Que dire alors des objets en cuir retrouvés dans
les lacs suisses ou sur le corps de l’homme des
glaces retrouvé en 1991 sur le Similaun dans
les Alpes italiennes ?
Depuis quelques années, le C.E.T.R.E.P. s’est
lancé dans un programme de recherches expérimentales
sur le tannage. Le point de départ de notre recherche
consiste en une série de documents ethnographiques
traitant du travail des peaux chez les Lapons, les Inuits
ou les Indiens d’Amérique du nord. Notre
travail guidé par un de nos membres qui a travaillé
de nombreuses années dans des tanneries ou des
peausseries tente de vérifier une série
d’hypothèses émises par les archéologues
sur le sujet.

Les essais initiés par le C.E.T.R.E.P. sur le
traitement des peaux se font à partir de matières
premières accessibles aux hommes durant la préhistoire
(produits d’origine minérale animale ou
végétale comme l’ocre ou des écorces
de chêne) et à l’aide de copies d’outils
réalisés en silex.
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