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GRÂCE-HOLLOGNE : L’ANCIEN CHÂTEAU
DE HOLLOGNE-AUX-PIERRES
Philippe Gémis et Claude Bourdouxhe
En août 2000, grâce aux conseils avisés
de MM. Fernand Collin et Jean-Philippe Marchal, une
équipe de l’A.S.B.L. Les Chercheurs de
la Wallonie a commencé l’étude du
site où un historien local (L. JEUNEHOMME, Hollogne-aux-Pierres.
Contribution à son histoire, Liège, 1912,
p. 32) place les ruines de l’ancien château
de Hollogne-aux-Pierres.
La prairie explorée est située à
300 mètres au sud-est de l’aérogare
de Liège Airport, à proximité de
la rue de Bierset, de l’actuel château et
de la ferme de M. Philippe Lucas, propriétaire
des lieux (coord. Lambert : 229,970 est/148,070 nord;
parc. cad. : Grâce-Hollogne, 2e Div., Sect. C,
n°314 k).
Encore visibles dans les années 1950, les substructions
étudiées ont connu deux campagnes de fouilles,
en 1972 et en 1976. Malgré la rapidité
de celles-ci, les fouilleurs de l’époque
ont pris soin de réaliser des plans des structures
exhumées. Le matériel, quant à
lui, surtout céramique, est conservé dans
plusieurs collections privées. Toutes ces découvertes
n’ont malheureusement pas été publiées
mais seront mises à notre disposition pour la
future étude d’ensemble.
Nos recherches nous ont permis de découvrir,
en dessous de la couche de terre arable, riche, notamment,
en tessons de poterie, les murs d’un bâtiment,
construit sur une couche de remblais, composés,
sur une épaisseur d’1 m 40, d’argile
dans laquelle on distingue de nombreux morceaux de mortier
blanc et des éclats de silex.
Dans l’état actuel de nos connaissances,
il nous est possible de discerner, sur ce site, deux
phases d’occupation et trois de construction.
Le plan ci-joint permet de visualiser deux pièces
qui font partie de la première phase d’occupation
du château. La plus grande de ces pièces
est délimitée par deux murs parallèles
(F4 et F6), de direction nord-est/sud-ouest et distants
de 4 m 30, élevés à l’aide
de moellons de grès houiller. Possédant
des fondations moins profondes que F4, F6 est flanqué
de deux contreforts (F5 et F7), construits en même
matériau. Perpendiculaires à F4, F5, F6
et F7, deux murs (F8 et F20) alignés, également
en moellons de grès, liés par du mortier
blanc ou jaune, ferment cette pièce vers le sud-ouest.
Une partie du sol de cette construction est recouverte
de deux types de pavements. Le premier (F2) se compose
de plaquettes de grès posées sur chant,
tandis que le second (F1) est constitué de grandes
dalles lisses de calcaire. Le premier dallage indique
la présence d’un âtre dont la grande
taille (2 m 50 x 1 m 10), bien mise en évidence
par des plans réalisés lors des fouilles
de 1976, nous permet de penser que la pièce mise
à jour aurait servi de cuisine. Au cours de la
campagne de fouille de 1972, la découverte, sur
ces dalles, d’un chaudron en bronze avec anse
torsadée, nous conforte dans cette hypothèse.
Au nord-ouest de ce que nous appellerons désormais
la cuisine, une seconde pièce est délimitée
par les murs F6, avec ses contreforts F5 et F7, F10
et F11. Peu profond et de faible épaisseur, F10,
parallèle à F4 et F6, a, sans doute, vu
le nombre important de morceaux de terre cuite, parfois
calcinés, mis à jour de part et d’autre,
supporté une cloison de pisé.
Au sud-est de F4, un autre mur en moellons de grès
(F17) forme la limite ouest d’une pièce
dont l’étendue est encore inconnue vu la
faible superficie fouillée à ce jour.
Contre F11, vient s’appuyer, vers le sud-ouest,
la base d’un contrefort en forme de demi-cercle
et composée de gros moellons de grès (F12).
Toujours contemporains de la première phase d’occupation
mais construits après les substructions que nous
venons de décrire, un puits en rognon de silex
(F14) et un mur en même matériau (F16)
sont accolés à F8. Un autre mur en silex
(F15) forme, avec le bord sud-est de la margelle du
puits (F14) et F16, une petite pièce qui se prolonge
vers le sud-ouest. Au sud-est, contre F8, nous retrouvons
le dallage F1 composé de grandes dalles lisses
en calcaire qui sont les vestiges d’un pavement
que nous pourrions interpréter, grâce à
un plan réalisé en 1972, par un de nos
prédécesseurs, comme étant un chemin
d’accès au puits.
Celui-ci nous a permis d’exhumer, à 2 m
50 de profondeur, un nombre considérable d’ossements
d’animaux domestiques; ces fragments de squelettes,
étudiés par Geneviève Yernaux,
sont les restes de onze chiens (quatre chiots et sept
adultes), cinq cochons, une chèvre ou un mouton,
un chat adulte, un cheval, un bœuf et, probablement,
des oies domestiques. A 3 m de profondeur, gisaient
de nombreux fragments de céramique d’époque
variée. Toutes ces découvertes étaient
associées à des matériaux de construction
(moellons, briques,…), jetés dans le puits,
sans doute, au moment de l’abandon du site.
Un autre ouvrage en maçonnerie (F9), qui semble
indiquer une phase d’occupation plus récente,
réuni F4 et F6, sans, néanmoins, s’imbriquer
à eux. Construit sans respecter la perpendicularité
par rapport à ceux-ci et d’orientation
nord-ouest/sud est, il est constitué d’un
assemblage, très grossier, de grès et
de rognons de silex. Outre le fait qu’il a été
construit sur le dallage F1, il utilise, en partie,
F17 comme mur de fondation.
Les prochaines campagnes de fouilles devraient permettre,
par l’extension de la superficie fouillée,
de compléter le plan de ce bâtiment.

GÉMIS Ph., 2001. Grâce-Hollogne :
l’ancien château de Hollogne-aux-Pierres,
Chronique de l’archéologie wallonne,
9, p. 142-143.
GÉMIS Ph., 2002. Grâce-Hollogne : l’ancien
château de Hollogne-aux-Pierres, Chronique de
l’archéologie wallonne, 10, p. 160-161.
GÉMIS Ph., 2003. Grâce-Hollogne : l’ancien
château de Hollogne-aux-Pierres, Chronique de
l’archéologie wallonne, 11, p. 128-129.
JEUNEHOMME L., 1912. Hollogne-aux-Pierres. Contribution
à son histoire, Liège, p. 32.
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